Docu télé – TV5 Monde : ces femmes à l’avant-garde de l’économie africaine

Written by on 13 mars 2019

C’est une passionnante galerie de portraits que « Femmes d’Afrique en action », nouveau programme court produit par Onyx et que TV5 Monde propose sur toutes ses antennes.

C’est un programme intéressant qui ouvre sur l’univers d’une Afrique qui ne baisse pas les bras et qui se met en perpétuelle quête de solutions. Il consiste dans 31 modules à travers lesquels des femmes entrepreneures expliquent leurs parcours et leurs motivations. Elles mettent en avant les terrains qu’elles veulent défricher. Le cadre, c’est la chaîne internationale TV5 Monde Afrique qui les diffuse durant tout ce mois de mars. Parmi les personnalités mises en avant, il y a Hafsat Abiola. Présidente de Women In Africa. Elle symbolise à merveille cette autre Afrique, la féminine, qui ouvre au continent des perspectives aussi diverses que ces Femmes d’Afrique en action.

Hafsat Abiola pour ouvrir la série et révéler l’importance des réseaux féminins

Née à Lagos, diplômée de la Phillips Academy et du Harvard College, Hafsat Abiola date son engagement pour les droits de l’homme de l’époque du régime militaire nigérian. Elle avait alors une vingtaine d’années. Elle a ensuite fondé le Kudirat Initiative for Democracy en 1997, une organisation qui se consacre à l’autonomisation des femmes et des jeunes au Nigeria. Une expérience dans le secteur public au sein du cabinet dans l’État d’Ogun, lui a permis de gérer des sujets liés au commerce et à l’investissement. La nouvelle présidente du réseau de femmes entrepreneures Women In Africa a pour mission de booster cette plateforme d’autonomisation économique. Ses défis ? Organiser des sommets régionaux et mondiaux, valoriser les potentiels féminins du continent et œuvrer pour changer l’avenir de l’Afrique. À travers ces portraits tournés à Marrakech, lors du deuxième sommet mondial Women in Africa Initiative, le téléspectateur part à la rencontre de ces femmes aux parcours inspirants, qui opèrent avec succès dans des domaines aussi divers et variés que les arts, la finance, la technologie, l’agriculture, l’environnement, l’éducation, les cosmétiques ou encore la santé. Au programme de ces 31 épisodes : de l’empowerment à l’américaine, du rire (beaucoup) et de l’inspiration.


L’entrepreunariat au féminin : un mouvement de fond

D’après une étude du cabinet de conseil Roland Berger, 27 % des femmes africaines créent leur entreprise, et en moyenne une femme sur trois déclare avoir un projet de création. C’est le plus fort taux de création d’entreprises (depuis la création jusqu’à 42 mois d’activité) constaté à l’échelle mondiale (contre 17 % en Amérique latine et Caraïbes, 12 % en Amérique du Nord et 8 % en Europe et Asie centrale). Dans ces données, il ne faut pas oublier que les femmes représentent la moitié de la population africaine et produisent 62 % des biens économiques,
 mais elles ne sont que 8,5 % à être salariées.

Aussi à l’aise dans le salon feutré d’un hôtel parisien que dans les coulisses du Next Einstein Forum, Nathalie Munyampenda est la directrice générale de cette structure désormais bien identifiée. Cette jeune Rwandaise, diplômée de l’université d’Ottawa et de Seton Hall, au Canada veille à la mise en œuvre du plan de travail sur l’impact du NEF et assure au quotidien la direction de l’équipe. Nathalie gère également les relations avec les donateurs et se charge également de la mobilisation des ressources en même temps qu’elle doit déployer les éléments de communication et d’engagement du public en direction de cette initiative. Avant de rejoindre le NEF, Nathalie a travaillé dans la fonction publique canadienne et dans le conseil en médias sociaux internationaux avant de travailler à la communication centrale du gouvernement du Rwanda en tant que coordinatrice du porte-parole du Bureau du gouvernement.

Aussi incroyable que cela puisse paraître avant que ne soit lancée la NEF et sa rencontre annuelle par l’Institut panafricain des sciences mathématiques (AIMS en anglais), créé en 2003 par le physicien Neil Turok et basé au Cap en Afrique du Sud, l’Afrique était inexistante sur la carte des grandes rencontres scientifiques du monde. Dix ans après sa création, cet institut dirigé par Thierry Zomahoun a formé plus d’un millier de mathématiciens de niveau master et doctorat dans les cinq pays où se trouvent ces centres en Afrique du Sud, au Sénégal, au Ghana, au Cameroun et en Tanzanie. Parmi les plus brillants scientifiques à la pointe dans les découvertes majeures, on retrouve le Congolais Jonathan Mboyo Esole, actuellement directeur de recherche associé en santé publique à l’université Yale aux États-Unis. Ses recherches portent sur le lien entre la malaria, la bilharziose et le VIH.

À ses côtés, la Tunisienne Neila Benzina est une spécialiste de « data management ». En clair : Neila Benzina dirige Business & Decision, une entreprise de référence dans le secteur des technologies qui opère au Moyen-Orient et en Afrique. Diplômée de l’Institut national des télécommunications à Paris, cette dynamique cheffe d’entreprise a créé sa société de conseil en 2001. Concrètement, sa société se charge de valoriser « la donnée » pour la transformer en « informations utiles pour la prise de décision » et pour pouvoir accompagner les dirigeants « sur les sujets les plus en pointe comme la transformation digitale », détaille-t-elle face aux caméras de la société de production Onyx Consulting. Aujourd’hui, Business & Decision emploie plus de 300 salariés avec un chiffre d’affaires de plus de 15 millions d’euros. Parmi ses clients, Neila Benzina compte les États du Maryland et de l’Arizona aux États-Unis, la Banque des États de l’Afrique centrale et le port de Douala, au Cameroun. Dans le tumulte de la révolution de 2011, elle a aussi tracé son chemin à travers le réseau Entreprendre, très dynamique en Tunisie dans le soutien aux initiatives entrepreneuriales. Et comme le souligne Nathalie Munyampenda : « Je crois qu’on a l’opportunité aujourd’hui dans notre écosystème d’apporter des changements dans chaque partie de la chaîne de valeur et c’est ça qui apporte de la transformation. Je crois qu’en Afrique on parle souvent d’innovations, d’applications, mais on ne parle pas assez de la chaîne de valeur. Or, c’est ça qui apporte l’industrialisation. C’est ce qui manque à l’Afrique. »

* Chaque jour, durant tout le mois de mars sur la chaîne TV5 Monde Afrique, un module de « Femmes d’Afrique en action » sera diffusé sur l’offre numérique Afrique (site web et application dédiée) ainsi que sur toutes les plateformes de TV5 Monde.


Reader's opinions

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *



[There are no radio stations in the database]